La récolte du raisin en gravures, tableaux et photographies
Une collection incroyablement riche de gravures, lithographies, dessins, tableaux et photographies est entreposée dans les dépôts du Musée de la vigne. Sur le thème des vendanges (Läset), nous avons mis en scène une palette colorée de ces représentations.
Les gravures et lithographies proviennent pour la plupart de la collection d’Hermann Heberlein, qui a rassemblé pendant des décennies non seulement des livres mais aussi des images sur le vin, la vigne et le raisin. La gravure la plus ancienne date du 15e siècle. Sur les anciennes gravures, l’automne (Autumnus) est souvent assimilé à la récolte du raisin et Bacchus – richement couronné de raisins et de feuilles de vigne – trône, satisfait et repu, au premier plan. Mais le dieu du vin Bacchus n’est pas seulement représenté comme un vieil homme ivre. L’automne peut également apparaître sous la forme d’un jeune homme et – très rarement – d’une allégorie féminine de la saison.
L « homme ordinaire » – les ouvriers et les ouvrières elles-mêmes – n’apparaissent qu’en arrière-plan dans les illustrations les plus anciennes, quand elles existent. Ce n’est que lentement qu’ils se retrouvent au centre. Mais les vendanges sont souvent représentées de manière romantique et idyllique: des jeunes filles joliment vêtues de robes flottantes ou de costumes traditionnels colorés se tiennent dans les vignes pour couper le raisin. De jeunes hommes robustes portent des hottes dans le vignoble et remplissent les gerles et les pressoirs dans la cave. « Eh bien, voici enfin le jour de joie. C’est une fête pétillante de joie et la riche bénédiction d’une année laborieuse ». Les dos douloureux sont vite oubliés.
En passant par les lithographies, les dessins, les peintures à l’huile, les aquarelles et, au 20e siècle, les photographies, les images les plus diverses des vendanges nous conduisent jusqu’à aujourd’hui. Les photographies sont-elles plus fiables ? Les vendangeurs ne se mettent-ils pas en rang, souvent en tenue du dimanche, pour se faire photographier ? Les vendanges existaient aussi par temps de pluie et de neige et les récoltes étaient bien trop souvent mauvaises et insuffisantes.
Des documents nous montrent que le non-respect du ban des vendanges était passible d’amendes et que les raisins en cours de maturation devaient être surveillés et protégés par des « gardiens de vigne ». Le ban des vendanges (interdiction de pénétrer dans le vignoble avant le début officiel des vendanges ainsi que de vendanger prématurément) n’a été abrogé qu’avec la nouvelle loi cantonale sur la viticulture de 1995 et est encore bien présent dans les mémoires. Le début des vendanges était fixé par une commission. Il pouvait tout à fait varier dans le temps et être très espacé. A La Neuveville, par exemple, nous connaissons certaines dates extrêmes : en 1822, la récolte commençait le 7 septembre, tandis qu’en 1816, elle a eu lieu le 30 octobre. Il s’agissait de « l’année sans été » après l’éruption du volcan Tambora en Indonésie en 1815.
Les représentations des vendanges sur les étiquettes de vin ne manqueront pas d’ajouter une touche finale à cette palette haute en couleur des images des vendanges.